
Le squat : ta posture d'origine que les chaises t'ont fait oublier
- adancostas

- 14 juin
- 4 min de lecture
Regarde un enfant de deux ans ramasser un jouet. Il ne se penche pas, le dos rond, comme nous le faisons à quarante ans.
Il descend en squat profond, talons au sol, parfaitement à l'aise, puis remonte d'un ressort. Personne ne le lui a appris. C'est inscrit en lui.
Ce geste, tu le possédais toi aussi.
Avant les chaises, l'humain s'accroupissait pour cuisiner, manger, discuter autour du feu, se reposer.
Le squat n'était pas un exercice de salle : c'était une posture de la vie quotidienne, aussi banale que respirer.
Puis nos journées se sont posées sur des sièges. La voiture, le bureau, le canapé. Huit heures assis par jour, parfois davantage. Et le corps, fidèle à sa logique d'économie, a rangé ce qu'il ne pratiquait plus.
Le mécanisme est tout simple. Quand on plie toujours les jambes jusqu'à la hauteur d'une chaise, et jamais plus bas, certains muscles passent leurs journées en position raccourcie.
Les fléchisseurs de la hanche (les psoas, à l'avant du bassin), l'arrière des cuisses (les ischio-jambiers) et les mollets (qui commandent la souplesse des chevilles) s'installent dans cette longueur réduite.
Or un muscle qu'on n'étire plus jusqu'au bout finit par perdre un peu de cette longueur : il se raidit. Et le cerveau, par prudence, verrouille l'amplitude qu'on ne lui réclame plus.
Résultat, le jour où l'on tente de descendre tout en bas, ça tire, ça coince, et l'on conclut un peu vite que « le corps ne suit plus ».
En réalité, il n'a fait que s'adapter à ce qu'on lui demandait : s'arrêter à la chaise.
Le squat s'est endormi. Bonne nouvelle : il ne s'est pas effacé. Une habitude, ça se réveille, et une amplitude, ça se regagne.
Le repos, version vivante
On imagine le repos comme une absence totale de mouvement : avachi dans un fauteuil, jambes molles. Une étude parue en 2020 dans la revue PNAS vient bousculer cette idée de façon réjouissante.
Les chercheurs David Raichlen et Herman Pontzer sont allés observer les Hadza, un peuple de chasseurs-cueilleurs de Tanzanie.
Surprise : ces personnes très actives passent autant de temps « assises » que nous, parfois neuf à dix heures par jour. Mais elles ne s'assoient presque jamais sur une chaise. Elles se reposent accroupies, ou à genoux, posées au sol.
Et là, les capteurs ont révélé quelque chose de fascinant. Dans la posture accroupie, les muscles des jambes restent quatre à huit fois plus actifs qu'assis sur une chaise.
Le repos n'y est pas une mise en veille : c'est un repos vivant, où le corps reste doucement engagé.
Les chercheurs y voient une piste sérieuse pour comprendre pourquoi tant de maux de la sédentarité épargnent ces populations.
Autrement dit : ce n'est pas seulement le fait de bouger qui compte, c'est aussi la façon dont on s'arrête.
La vraie barrière n'est pas dans tes genoux, mais dans le « demain »
Quand on évoque le squat, beaucoup pensent aussitôt à une limite physique : « mes genoux ne suivent plus », « mon dos est trop raide ».
Ces réalités existent et méritent le respect : on n'avance jamais contre son corps, mais avec lui, à la hauteur qui est la sienne.
Pour la plupart d'entre nous, pourtant, le frein est ailleurs.
Il est dans cette petite voix qui tranche avant même d'essayer : « je suis trop rouillé », « ce n'est plus de mon âge », « je m'y mettrai demain ».
Cette voix n'est pas une vérité sur ton corps. C'est une habitude de pensée, tout comme la position assise est devenue une habitude des muscles.
La bonne nouvelle, c'est que cette petite voix s'apprivoise comme le reste. On ne la fait pas taire d'un coup. On la contredit doucement, une descente après l'autre.
À chaque essai un peu plus bas, elle perd du terrain, et le geste regagne le sien, centimètre par centimètre, à ton rythme.
Réveiller le squat, en douceur et à ta mesure
Pas besoin de viser la position accroupie parfaite ni les talons collés au sol dès la première semaine. Le corps répond vite quand on lui redonne, régulièrement, de petites doses de mouvement oublié.
Concrètement : descends quelques secondes en squat partiel en te tenant à un plan de travail, puis lâche un doigt, puis deux.
Assieds-toi par terre pour jouer avec les enfants et relève-toi en cherchant à poser une main de moins qu'hier. Passe un peu de temps au sol le soir, en changeant de position.
Chaque répétition rappelle aux hanches, aux genoux et à la colonne un langage qu'ils n'ont jamais vraiment désappris.
C'est là qu'un cadre bienveillant change tout.
Chez Pantheon Coaching, à Villars-sur-Glâne, l'idée n'est pas de juger ta souplesse, mais de t'accompagner là où tu en es : yoga, mobilité, renforcement doux ou personal training à quelques personnes.
On adapte l'amplitude, on respecte les articulations sensibles, on progresse sans chrono.
Parce que retrouver le squat, ce n'est pas une performance à exhiber.
C'est une liberté discrète qu'on garde : jouer au sol avec ses petits-enfants, ramasser sans grimacer, s'asseoir n'importe où et se relever d'un élan.
Deux à trois heures de mouvement par semaine suffisent à entretenir cette liberté.
Alors la prochaine fois que tu hésiteras à t'accroupir, n'écoute pas trop vite la petite voix. Essaie, à ta hauteur.
Et si l'envie te prend de réveiller ce geste pour de bon, Pantheon Coaching t'ouvre sa porte, à Villars-sur-Glâne, pour réapprendre ce mouvement avec toi, à ton rythme.
Source : Raichlen DA, Pontzer H, et al., « Sitting, squatting, and the evolutionary biology of human inactivity », Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), 2020.




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